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- Le Bourget dans le Grand Paris
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| Rêves sur plans pour cinq communes de banlieue |
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Le Monde - édition du mardi 13 avril 2010 - Rêves sur plans pour cinq communes de banlieue - Eclairage - Ce qui les réunit, ce sont les coupures, les cicatrices. Traversées par la nationale 2, bordées par les autoroutes A1 et A86, balafrées par le RER B, elles sont cinq communes : Le Bourget, Le Blanc-Mesnil, Drancy, Dugny et Bonneuil-en-France.
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A 7 km au nord de la capitale, elles sont faciles d’accès mais mal reliées entre elles. A l’ombre de l’aéroport d’affaires, du parc des expositions, du Musée de l’air et de l’espace, y vivent près de 150 000 habitants, tant bien que mal. Entre les grandes emprises, cohabitent quartiers pavillonnaires, cités HLM, zones urbaines un peu tristes avec en lisière quelques terres agricoles. Ce territoire entre la Seine-Saint-Denis et le Val d’Oise, vaste comme les deux tiers de Paris, est à première vue propre à décourager tous les aménageurs. Désormais, sur la carte du Grand Paris, ce site clignote pourtant comme le futur pôle aéronautique de l’Ile-de-France. Le super-métro en rocade, promis par le président de la République, devrait y marquer l’arrêt.
Toutes étiquettes politiques confondues - UMP, Nouveau Centre, communiste-, les cinq maires groupés en partie en communauté d’agglomération voient plutôt l’affaire d’un bon oeil, l’ont même sollicitée comme Vincent Capo-Canellas, maire (NC) du Bourget : « On était dans notre coin. On avait un aménagement local au fil de l’eau. On a réussi à convaincre le gouvernement qu’on avait un potentiel de développement stratégique à l’échelle métropolitaine », se réjouit ce proche de Christian Blanc, secrétaire d’Etat à la région capitale.
Encouragés par M. Blanc, les cinq édiles, le conseil général, Aéroport de Paris et le Salon du Bourget ont missionné moyennant 550 000 euros deux architectes, Christian de Portzamparc et Roland Castro, ainsi qu’un urbaniste, Jean-Marie Duthilleul, pour dessiner, avant l’été, un schéma d’aménagement à vingt ans. « L’objectif est de concentrer sur le pôle du Bourget toutes les activités aéronautiques de l’Ile-de-Fance aujourd’hui dispersées, explique M Capo-Canellas. Nous devons aussi faire venir des écoles d’ingénieurs et tous les types de formations de ce secteur. »
Ce territoire est à première vue propre à décourager tous les aménageurs
Trois cents hectares sont déjà disponibles, calcule le maire du Bourget. Mais pour que ses villes deviennent « la porte d’entrée » du Grand Paris au nord, chaque édile, à l’instar du maire (PCF) du Blanc-Mesnil, Didier Mignot, le sait : « Les batailles qu’il [leur] faudra livrer seront loin d’une sinécure. »
Celle des transports d’abord. Selon les plans de M.Duthilleul, directeur d’AREP, une filiale de la SNCF, l’actuelle gare RER B du Bourget a vocation à devenir l’épicentre du pôle. S’y arrêteront d’ici peu plus de RER. Pour 2014 est attendu le futur tram-train de la « tangentielle nord ». Pourraient y converger les rames de la ligne 7 du métro parisien dont les élus réclament le prolongement depuis longtemps et le super-métro en rocade. Ce commutateur urbain, explique M. Duthilleul, « abriterait aussi des commerces, des services, des jardins, une piscine et sera à terme aussi comme la place du village ».
Le schéma vise aussi à recoudre les villes. Pour que les camions ne passent plus par la nationale 2 à travers Le Bourget et Le Blanc-Mesnil, les échangeurs routiers devront être conçus autrement. La RN2 deviendrait les « Champs-Elysées » du Bourget, s’enflamme Roland Castro. Des ponts par-dessus le RER devront être tracés, des couloirs de bus desserviront Drancy, Le Blanc-Mesnil et jusqu’à Bonneuil pour rejoindre le RER.
Ce grand remue-ménage implique que l’Etat, Réseau ferré de France, la région, en charge des transports en Ile-de-France, conjuguent leurs forces. M. Duthilleul se veut optimiste : « L’opération se fera si chacun des acteurs chargés d’une partie a la vision du projet commun. »
Ce n‘est pas la seule gageure. Le défi pour les maires est ailleurs : cette nouvelle gare est censée attirer des entreprises, des hôtels. Le prix des terrains grimpera tandis qu’il faudra construire de nouveaux logements, des crèches et des écoles. Le gouvernement a prévu de taxer les opérations immobilières autour des gares, mais pour financer, en priorité son super-métro. Les élus ont l’intention de se battre pour garder la maîtrise de l’affectation des terrains et la majeure partie de la manne des programmes immobiliers. Des pourparlers ont été esquissés entre les maires et M. Blanc. Ils promettent de durer.
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